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Les maux dans les mots

La vie dans les mots

19 Avril 2013 , Rédigé par Cheuret Clément Publié dans #nouvelle

Extrait du recueil de nouvelles ''De l'autre côté du miroir'' (http://www.edilivre.com/de-l-autre-cote-du-miroir-1e50e39b68.html).

André Gide : ''Le plus petit instant de la vie est plus fort que la mort et la nie''

"Condamné ..." Concis, résumé, sans bavures, pas de figures de style ni de phrases à rallonges dont les politiciens sont si friands, pas de sujets ni de conjonctions de coordination ou je ne sais quelles bizarreries dont l'on nous rabâche les oreilles au primaire, pas d’ambiguïté, ni de pitié ou de compassion ... seulement un mot ! Clair, net, précis ! "Droit au but" aurait dit un célèbre sportif dont le nom peine à se frayer un chemin dans les obscurs méandres de mon cerveau.

Puis, une fois sa sentence abattue, mon interlocuteur se lève, reboutonne sa blouse blanche et sort, m'adressant au passage un sourire d’excuse, peut-être pour se faire pardonner notre trop rapide entrevue, pour faire passer cette sinistre nouvelle, ou encore pour se justifier de poursuivre sa vie comme si de rien n'était, avec ses petites habitudes et ses envies, ses joies et ses peines, ses déceptions et ses réussites… tandis que je me décomposerai lentement au sein de notre mère la terre, comme aiment à l'appeler certains de nos lointains cousins d'Amérique du Nord.

Je me lève à mon tour et me dirige lentement vers la sortie, incapable d'assimiler la nouvelle de ma mort imminente.

Je descends les escaliers du service de cancérologie, et sors à l'air libre. Un soleil radieux m'attend, sa lueur étincelante semblant se moquer de mon malheur.

Je retrouve ma voiture un peu plus loin sur le parking : elle m'attend, fidèle à son poste, moyen de transport de ma famille et ainsi donc gardienne de mon trésor le plus précieux.

Je démarre et ne sachant trop où aller, me dirige vers le premier bar du coin.

Ce n'est qu'en m'asseyant devant une pinte de bière que je prends réellement conscience de ce qui vient de se passer. Je m'effondre, pleurant toutes les larmes de mon corps qui ne me seront plus d'une grande utilité là où j'irai bientôt.

J'ai une fille, Claire qui a neuf ans. Elle est en CM1, ses cheveux sont d'or, ses yeux couleur noisette sont pétillants et pleins de malice, elle est l'agitation de notre maison, elle est la pluie après la sécheresse, elle est mon cœur, elle est mon âme ! Et je vais mourir...

J'ai un fils de cinq ans, Théophane. Il est si fier quand je le félicite pour ses dessins, si joyeux quand je le prends dans mes bras et lui fais faire l'avion, si content quand je lui annonce que l'on part se promener. Il est mon souffle, mon ardeur ! Et je vais mourir...

J'ai une femme, Marie. Grande, mince, un nez droit et mignon, des cheveux fous qu'elle ne parvient à assagir, de grands yeux riants et des lèvres que l'on ne peut qu'embrasser. Elle fait de moi un homme, elle est ma raison de vivre et me donne la force d'avancer, de surmonter, de vaincre ! Et je vais mourir...

J'ai trente ans et dans quelques jours je serai mort, emporté par un cancer incurable.

Tant de rêves se brisent, tant de désirs secrets perdent leurs sens, tant d'idées se tarissent, emportés par la brise d'une vie qui s'éteint...

Tant de tâches que j'aurais voulu réaliser, que je remettais sans cesse à demain et qui, faute d'acteur, ne pourront voir le jour.

Le portail de notre jardin ne sera jamais repeint, l'ampoule du grenier jamais changée, la douche du haut jamais réparée.

Tant d'actes, qui étaient inscrits dans mon quotidien et qui me seront retirés en même temps que ma vie.

Je n’emmènerai plus Théophane à la pêche aux «pignoufs» comme nous aimions appeler ces espèces de coquillages comestibles que l'on trouve en creusant le sable. Son sourire étincelant et grisant s'effacera.

Jamais plus je ne me tournerai dans mon lit et trouverai ma femme me regardant, les yeux emplis d'un amour dont je me sentais indigne. Sa douceur et sa gentillesse, sa passion et sa grâce s’évanouiront.

Claire et moi ne ferons plus de parties de Memory, où les rôles s'inversaient quand elle se mettait à tricher pour me permettre de gagner, où elle devait me souffler l'emplacement de l'autre éléphant, du tigre ou encore du poussin. Son visage concentré, attentif à retenir l'emplacement des vignettes s'évaporera.

Trente ans, plein de rêves de gloire et de vie, plein de projets et de succès. Trente ans, le meilleur des âges, où l'on est encore assez jeune pour fêter et s'amuser mais assez vieux pour parler et écouter, l'âge où l'on est installé mais assez fou pour s'en aller vers d'autres lieux inconnus, l'âge où nos plans commencent enfin à prendre forme, mais où les nouvelles idées sont encore dignes d'être écoutées. Trente ans, un âge qui n'est plus pour moi...

Comment Dieu pouvait-il me faire une chose pareille ? Je ne peux nier que depuis mon adolescence - l'âge où l'on veut tout plaquer pour un peu de liberté - je ne me rends à la messe qu'aux grandes occasions et ne prie que lorsqu'un coup dur s’abat sur ma petite personne… mais c'est à ça que sert Dieu ! Dieu, c'est un père qui console quand on est dans la peine, qui pardonne quand on faute, qui sourit quand on est dans la joie ! C'est le compagnon fidèle et le guide spirituel, le frère jumeau que l'on n'a jamais eu et le gardien de nos secrets inavouables, de nos confidences inconnues et de nos fautes regrettées, c'est notre meilleur ami, notre père, c'est Dieu ! Quelle qu’ait pu être ma faute, je ne méritais pas ça ! Ne dit-on pas, ô Dieu, que quelle que soit l'offense, tu ouvres tes bras, quel que soit le méfait, tu pardonnes ? Que tu nous acceptes, aussi imparfaits que nous sommes ? Alors pourquoi m'infliges-tu ce fardeau si lourd à porter, pourquoi poses-tu sur mes frêles épaules de simple être humain, la charge d'un titan, d'un colosse, d'un demi-dieu ? Malgré mon manque de foi, j'ai toujours été «à confesse» une fois l'an, pour les fêtes de Pâques, j'ai toujours donné aux pauvres, éduqué mes enfants dans le respect, si ce n'est de ta foi, au moins de tes principes, j'ai toujours été là pour mes proches dans le besoin, toujours été présent pour ma famille affligée. Je ne dis pas que je suis meilleur qu'un autre : je ne suis ni bon, ni mauvais, ni parfait, ni infâme, je suis Homme.

Examine ma vie si tu le souhaites : le nombre de mauvaises actions est compensé par celui des bonnes, la balance de pesée des âmes, dont Osiris se servait afin de mesurer le droit de chaque égyptien à prétendre au Douât, leur demeure éternelle, ne penche ni d'un côté, ni de l'autre :

A l'âge de sept ans, j'ai cassé le cheval à bascule de ma petite sœur, et par peur de la colère de mon père en apprenant ma bêtise, je l'ai laissé accuser : je t'accorde un point, je n'ai pas bien agi sur ce coup-là, mais peut-on vraiment parler de méchanceté chez un enfant de cet âge, ne doit-on pas plutôt parler d'insouciance?

A seize ans, je revenais d'un baby-sitting. Je marchais rapidement vers l'arrêt de bus, car il se faisait déjà tard et j'avais cours le lendemain, quand un mendiant m'alpagua au milieu de l'avenue, je fis d'abord mine de ne pas l'entendre, mais comme ce dernier devenait de plus en plus insistant, je ne pouvais rester plus longtemps sourd à ses appels, je me retournais donc vers lui, vers son visage en ruine, image même de la misère de notre monde : des cheveux ? il ne lui en restait guère plus qu'une touffe sur le haut du crâne, filasses, délavés et crasseux, des yeux rendus rouges par je ne sais quelle drogue et enfoncés dans leurs orbites, des dents, noires d'une nicotine trop souvent absorbée, des pommettes saillantes, un corps maigre et décharné... Mon premier mouvement fut donc celui du recul, mais il y avait dans ces yeux quelque chose de tellement suppliant que je ne pus m’empêcher de l'écouter : il me fit alors le récit de sa vie de souffrances, il me raconta comment ses deux enfants avaient froid le soir, comment sa femme était atteinte d'une maladie dont il ne parvenait à financer le traitement... Vrai ou faux, la détresse émanant de son récit me toucha, je lui donnai donc ma recette de la soirée et m'en allai sans le sou, mais fier de moi. Alors qu'en dis-tu ? N'ai-je pas bien agi ? Cela n'annule-t-il pas nombre de mes fautes ?

A dix-huit ans, j'ai désobéi à un de tes commandements - "tu ne commettras pas d'impureté" - en faisant le grand saut avec une fille... mais quelle femme ! Même le plus vertueux de tes anges n'aurait pu résister à la tentation de son parfum enivrant, de ses lèvres pulpeuses, de son corps mince et élancé, aucun de tes saints, fût-il le plus grand, n'aurait pu ne pas succomber devant son rire cristallin qui te réchauffait le corps et l'âme, devant le son de sa voix qui te prenait aux tripes, devant la douceur de sa peau qui te rendait esclave de sa beauté. Et puis je l'aimais ! Comment lui montrer mon amour si ce n'est en liant à jamais nos deux corps, enlacés dans cette spirale d'amour qu'est l'union entre deux êtres chers, pris par une passion primitive et éphémère, emportés sur les flots tumultueux du fleuve que les uns nomment amour, les autres lemhibba, les troisièmes amouri ...

Et puis je tiens à te rappeler que cette jeune fille dont je te parle est actuellement ma femme, alors à part avancer un peu la date du don mutuel de nos deux corps de quelques années, je n'ai pas vraiment commis d'autres fautes...

A vingt ans, nous nous marions, n'est-ce pas là un de tes conseils que j'ai suivi ? Ne demandes-tu pas dans la Bible, de se marier et d'engendrer une multitude d'enfants pour peupler la terre que tu nous donnes ? Le point est donc pour moi ce coup-ci !

A vingt-et-un ans, notre premier enfant : Claire. Quelle joie ce fut quand elle arriva, bien que "non programmée" comme le disent si dédaigneusement certains de nos contemporains, elle changea notre existence, nous connaissions enfin le plaisir de donner la vie ! Le bonheur de transmettre ! La gaieté qu'apportent les gazouillis d'un nouveau-né dans la maison qui le reçoit ! Et bien que ce fut toi qui nous fis cadeau de Claire, je tiens à te rappeler que c'est nous qui l'avons éduquée de même que son frère Théophane qui vint quatre ans plus tard au petit bonheur la chance, que c'est nous qui les avons fait grandir et qu'enfin c'est à eux que tu m'arraches !

Je pourrais continuer longtemps à énumérer mes mauvaises actions et à les annuler avec ce que j'ai fait de bien sur la terre, mais je vais m'arrêter là, tu n'es pas vraiment fautif de mon état, c'est plutôt l'ordre naturel de ce monde que je dois accuser, même si tu aurais pu empêcher tout cela... Mais que veux-tu... tu dis toi-même que tu ne permets le mal que pour qu'un plus grand bien en jaillisse. J’espère donc que de ma mort tu sauras faire quelque chose de grand. Je compte sur toi.

Parlons maintenant un peu de toi, «Destinée», mon petit discours avec Dieu, ou plutôt devrais-je dire mon petit monologue dans le vide, semble bien t'amuser, mais tu es tout aussi fautive que lui.

Je me suis acquitté plus d'une fois de la «dette de malheur» que chaque homme contracte envers toi à sa naissance : à l'âge de 13 ans, ma mère m'a été enlevée par une attaque cérébrale, laissant un mari en larmes et trois enfants en souffrance, elle partit telle la rosée du matin au lever du soleil, fraîche et superbe mais fugitive. Puis ce fut sur mon petit frère que tu jetas ton dévolu le lacérant de tes griffes : il mourut brutalement, emporté par une voiture, comme le vent emporte le sable; son départ creusa un vide en moi et je ne me suis jamais vraiment remis de son abandon.

Alors, n'est-ce donc pas assez pour toi ? Ma famille n'a-t-elle pas assez payé pour vivre en paix ? Ne te trouves-tu pas injuste ? Arrives-tu à dormir la nuit en te disant que tu as condamné à mort un homme innocent et que par la même ce sont tous ses proches que tu livres à la géhenne de la tristesse ? Je te reproche tout ce qui m'arrive, je t'accuse de tout, je te livre au jugement céleste ! Pas un seul instant de ce que sera ma vie après ma mort ne sera consacré à autre chose qu'à te traquer, quelle que soit ton apparence et à te poursuivre, quelle que soit ta destination !

Après avoir accusé tour à tour Dieu et la «Destinée», je ne me sens pas mieux pour autant, je continue à broyer du noir et commande donc une autre pinte de bière pour demeurer sur ma lancée de désespoir.

C'est amusant de voir comment l'homme aspire chaque jour à retrouver son lit et les bras de Morphée la belle pour sombrer dans un sommeil réparateur et réconfortant et comment une fois venue l'heure de la nuit éternelle, il se refuse à faire le grand pas.

"Bon, tant qu'à gâcher les quelques jours qu'il me reste à vivre, autant le faire en accomplissant quelque chose d'utile...'' Aussi je sors de ma sacoche un bloc de papier et note en grandes lettres :

"CECI EST MON TESTAMENT :

Á l'heure qu'il est, je ne suis sûrement plus là et vous ne me reverrez pas avant longtemps.

Il y a tant de choses que j'aurais voulu faire avec vous, tant de gestes et de paroles que je regrette, tant de mots que j'aurais voulu vous dire alors que j'en avais encore le temps.

Ma petite femme, j'aimerais te prendre chaque jour dans mes bras et te murmurer des mots d'amour.

Mes enfants, j'aimerais pouvoir vous dire que cela n'est qu'un mauvais rêve, que papa va bien et que tout finira pour le mieux comme dans les livres que je vous lisais...

J'aimerais pouvoir vous voir grandir et vieillir... J'aimerais... "

J'aimerais, j'aimerais, j'aimerais ... Stop, cela suffit ! Je ne suis qu'un lâche et un égoïste : on se fiche de ce que j'aimerais, ce n'est pas moi qui devrai affronter l'avenir seul, pas moi qui pleurerai tous les soirs en pensant à mon père disparu, pas moi que cette chienne de vie affligera chaque jour d'un lourd tourment ! "Arrête donc de t’apitoyer sur ton sort et pense un peu à ceux que tu laisses, à ceux que tu aimes."

J'arrache violemment la page de mon bloc-notes et me remets à écrire :

"CECI EST MON TESTAMENT :

Dieu a choisi de me rappeler à lui, pour je ne sais quelles sombres raisons ! Mais comme on dit, à tort ou à raison, les voies de Dieu sont impénétrables !

La vie que l'on m'a donnée, m'a été reprise !

L'avenir ne sera pas tous les jours radieux pour vous ! Vous ne vous lèverez pas tous les matins en vous exclamant "Quelle belle journée"! Vous ne vous assiérez pas tous les dimanches à midi pour le déjeuner familial préparé par papa ! Vous ne parlerez pas tout excités à vos amis des projets que vous avez faits avec votre père pour le week-end ! Non, votre vie ne sera pas rose tous les jours, mais je sais que vous y parviendrez, que vous serez forts et que vous sortirez vainqueurs de ce combat !

Et si quelquefois tout s'effondre autour de vous, si vous pensez que la vie ne vaut plus la peine d'être vécue et que la mort serait la délivrance, raccrochez-vous au souvenir des bons moments que nous avons passés ensemble et relevez-vous ! Faites-le pour moi, faites-le pour vous ! Défiez le monde, ne lâchez rien ! Regardez la vie bien en face et restez fiers, restez droits, restez imbattables..."

Il faut que je me calme, ce que je viens d'écrire n'a rien d'un testament, cela ressemble plus à un discours d'entraîneur de boxe pour son champion qu'à une déclaration d'amour d'un homme envers sa famille qu'il quitte à jamais ! Je ne veux pas laisser à mes proches un souvenir plein de colère et de frustration !

Je ramasse donc mon stylo, et écris pour la troisième fois :

"CECI EST MON TESTAMENT :

Lorsque vous lirez ces quelques phrases, je serai parti vers de nouvelles contrées, mais même si mon corps s'en va, mon esprit restera à jamais avec vous. Il y a beaucoup de choses que je voudrais vous dire, beaucoup de buts que j'aimerais atteindre avec vous, beaucoup d'endroits que je voudrais vous faire visiter... mais je n'en ai plus le temps. C'est fou comme ce dernier paraît acquis et comme il vous est dérobé en quelques instants. Chérissez donc chaque moment de votre vie.

Ma femme adorée, je ne t'abandonne pas, je te laisse seulement quelques temps mais nous nous rejoindrons bien vite : quel que soit ce lieu qui vient après la mort, quel que soit l'avenir que l'après-vie nous réserve, je sais que nous serons ensemble.

Claire, j'avais promis de venir te voir à ton concours de gym, je ne manquerai pas à ma parole : je serai là avec toi, à tes côtés, mais tu ne me verras pas. Ne doute pas un seul instant de ma présence et sache que je serai toujours là pour toi et avec toi dans les coups durs.

Théophane, mon grand, te souviens-tu quand nous jouions à cache-cache ? Et bien jouons une toute dernière fois veux-tu, mais cette fois-ci tu mettras plus de temps à me trouver. Je te confie ta maman et ta grande sœur, sois fort, sois-le pour elles et pour toi, et si tu es triste de ne plus me voir, ferme les yeux et souviens-toi de moi, souviens-toi que je t'aime."

Trop compliqué, je ne dois pas oublier que je m'adresse à des enfants et non pas aux adultes qu'ils deviendront sans mon aide... Allez, nouvel essai, il faut que je me concentre, tout ce qu'il restera de moi après le passage de l'ange de la mort, ce seront ces quelques lignes, ces quelques idées jetées pêle-mêle sur cette page... tout ce sur quoi ma femme pourra s'appuyer quand mon souvenir se fera trop oppressant à son esprit, tout ce que mes enfants auront de leur père, tout ce que le monde gardera de mon passage, ce sont ces mots que je couche sur le papier. Peut-être que si j'arrive à leur insuffler suffisamment de vie, je continuerai de vivre à travers eux...

Mes pensées recommencent à vagabonder, les images défilent à toute vitesse devant mes yeux et s’arrêtent sur la vision de ma femme debout devant la fenêtre de notre salon, tenant dans ses bras le petit Théophane, Claire jouant à ses pieds... mes yeux que je pensais pourtant taris, s'humidifient, les larmes se mettent à couler de nouveau le long de mes joues emportant avec elles ma vie.

***

Après l'enterrement de leur père et époux, Claire, Théophane et Marie ouvrirent la petite enveloppe que leur avait remise le notaire comme étant le testament du défunt. Marie prit la feuille pliée en quatre qu'elle contenait : dessus, calligraphiés d'une écriture ferme et carrée, ils purent lire ces trois mots :

"Je vous aime"

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